ScrMerc 50 (2021)

Inhalt

Hans-Joachim Kraschewski: Die Kupferseigerung. Ein frühneuzeitliches Schmelzverfahren von europäischem Rang, 5–50

Copper Segregation. An early modern smelting process of European significance – Summary

In comparison to traditional extraction methods, the technical progress of the smelting industry in the early modern era, financially supported by the territorial rulers, not only led to a linear increase of the silver yield. Moreover, it also made the mining and desilvering of sulphide copper ores with a low silver content, whose exploitation had previously not been profitable in the mining areas of Central Europe, possible on a broad basis. Mintage metals, such as silver and gold, continued to rank first in terms of revenue. Apart from these, copper was economically more important than iron, being among those metals that had the greatest impact on Europe’s economy. The result was large-scale stimulation of and financial support for mining activities for silver-bearing copper and lead ores.

The synchronous intensification of processes of centralisation in the early modern era’s territorial state had a solid basis in the montane economy’s directorate system, supported by the latter’s administration. For four centuries, it was to become the most important production process in the extraction of silver from sulphide copper ores across Europe. However, this would not have been possible without the extensive implementation of the smelting innovation of segregation on a pyrotechnical basis. Its impact strongly influenced the social and economic structure of Central Europe – right up to the period after 1870/80, when fused-salt electrolysis became common and copper advanced to become the expedited and profitable metal of the industrial nations.

Regarding the segregation industry in the Harz Mountains, it should be emphasised that crises marked the incursions of renewed phases of stagnation. Only after the Thirty Years’ War did these create the preconditions for a predictable increase in production through changes in working methods. The silver-copper smelting processes for the Harz were initially carried out strictly without any revolutionary innovations. Still, even with a general reliance on traditionally established processes, this did not diminish their profitable yield in the least. Especially, since there were facilities in the vicinity capable of processing the copper into semi-finished or finished products. However, in the international context of extracted metals, copper from the Rammelsberg/Oker plants failed to play any role. Yet there was a lively local/regional demand for its use (Brunswick, Hamburg), even if the capacities of this facility and other brass smelters and copper plants (e.g., at Uslar) were not able to provide a sufficient supply of copper and brass goods for the Electorate of Brunswick-Lüneburg.

Le ressuage du cuivre. Un procédé de liquation datant de l’époque moderne antérieure et de niveau européen – Résumé

Le progrès technique dans l’industrie métallurgique à l’époque moderne antérieure, favorisé financièrement par les notables locaux, n’a pas uniquement développé considérablement l’exploitation de l’argent par rapport aux anciennes méthodes d’exploitation, mais permit également à grande échelle, l’exploitation et l’extraction de l’argent de nombreux minéraux cuivreux pauvres en soufre et en argent qui , dans les régions d’Europe centrale, ne pouvaient pas jusque-là être exploités d’une façon rentable. Parmi tous les métaux qui ont le plus influencé l’économie en Europe, et en excluant les métaux argent et or, liés à la monnaie et qui accusaient depuis toujours les meilleurs rendements, le cuivre était économiquement plus intéressant que le fer. De ce fait, il en résultait une forte stimulation de l’activité ainsi qu’un encouragement financier pour l’extraction des minerais contenant du cuivre et du plomb.

Le processus de centralisation moderne intensifié de manière synchrone dans l’état territorial avait une base solide dans le système de gestion soutenu par l’administration pour l’industrie minière. Sans la mise en oeuvre extensive de l’innovation de la technologie du ressuage sur la base du procédé pyrotechnique, ce développement n’aurait pas pu atteindre des proportions européennes durant quatre cents ans en tant que procédé de production le plus important pour l’extraction de l’argent à partir de minerais de cuivre sulfurés. Son impact a fortement influencé la structure sociale et économique de l’Europe centrale – jusqu’au moment où la fusion par électrolyse a été utilisée après 1870/80, lorsque le cuivre devint à ce moment un métal très rentable au sein des pays industrialisés.

En ce qui concerne le procédé de ressuage dans la région du Harz, il convient de souligner que les crises ont marqué des ruptures provoquées par de nouvelles phases de stagnation, qui ont créé, uniquement après la guerre de Trente Ans, les conditions d’une augmentation prévisible de la production en modifiant les méthodes de travail. Le fait que le processus de fusion de l’argent et du cuivre pour la région du Harz se soit déroulé au départ strictement sans aucune innovation révolutionnaire, c’est-à-dire qu’il soit resté avec des processus traditionnellement éprouvés, n’a en rien diminué le rendement avantageux, d’autant plus qu’il se trouvait à proximité des zones de production des entreprises qui traitaient le cuivre en produits semi-finis ou finis. Cependant, le cuivre de la fonderie de cuivre Oker à Rammelsberg, bien que ne jouant aucun rôle dans le contexte international des métaux extraits, accusait en contrepartie une forte demande pour une utilisation locale et régionale (Braunschweig, Hambourg), même si les capacités de cette entreprise et d’autres fonderies de laiton et de cuivre (à Uslar), à augmenter l’approvisionnement de la région de Brunswick-Lüneburg avec des produits en cuivre et en laiton n’étaient pas suffisantes.

Paul Thomes: Elektrizität – vom Werden einer disruptiven Energie, 51–96

Electricity – the emergence of a disruptive energy – Summary

Regarding energy, there is a palpable shift towards sustainability across the globe. After half a millennium of meandering between greed, hubris and carelessness, an energetic turnaround is in the making. If the global climate goals are to be met, this can only be achieved by means of renewable electrical energy – as far as currently foreseeable, that is. Unless of course a ‘black swan’, an unknown variable, opens perspectives previously unthought of. The history of electricity alone has already proved to be as fascinating as it has been unpredictable.

Electricity possesses a dual function, on the one hand as an energetic driver and on the other, in its incarnation as electronics, serving as a kind of catalyst. Apart from that, humanity has developed electricity into an integral, ubiquitous element of design about working and living environments. In fact, no other technology has changed and continues to change, human existence so profoundly. It dematerialises work or money, for example. On the internet, it merges physical and virtual objects into cyber-physical systems. It allows for stationary mobility, and it has turned the globe itself into a global village. Moreover, it seems capable of generating superior artificial intelligence – both hope and threat.

The cobot approach of the Electricity 5.0 concept could serve to reconcile man and machine in a collaborative, intelligent digital world, securing the existence of both. In the figure of the electronically enhanced cyborg, already extant, the boundaries between man and machine are already beginning to blur. The “homo electrificatus” of the early 18th century exists, albeit in a different shape.

Electricity is undoubtedly an inclusive creative tool. As the only sustainable form of energy, it is capable of meeting humanity’s energy needs as climate-neutral and resource-friendly as possible. At the same time, as a driving force of the digital sphere, it can lead the world into completely new dimensions, possible even beyond earth itself. It has the potential not merely to redefine growth fairly, but human existence itself: the highly flexible, versatile fluidum, to use an archaic term, whose multiple potentials still hold great promise, so far with no end in sight.

Elektricité – le devenir d’une énergie disruptive – Résumé

La transition énergétique vers le développement durable progresse – dans le monde entier ; un tournant énergique après un demi-millénaire de chemins sinueux entre cupidité, orgueil et insouciance est en vue. Pour atteindre les objectifs climatiques mondiaux, cela ne peut se faire qu’avec de l’énergie électrique renouvelable – dans la mesure du possible ; à moins que, suivant la théorie du ‹ cygne noir ›, l’Inconnu inconnu ouvre des perspectives insoupçonnées ; après tout, son histoire était aussi fascinante qu’imprévisible.

Par ailleurs, l’électricité possédant une double fonction de moteur énergétique et d’une sorte de catalyseur sous forme d’électronique, l’humanité l’a développée en un élément de conception intégral et omniprésent dans le travail et la vie. En fait, aucune technologie n’a changé si profondément la condition humaine et elle continue de la changer encore actuellement. Elle dématérialise par exemple le travail ou l’argent. Dans l’Internet des objets, elle fusionne des objets physiques et virtuels dans des systèmes cyber-physiques. Elle permet la mobilité stationnaire et a réduit le monde en un village global. De plus, elle semble capable de générer une intelligence artificielle supérieure – espoir et menace en même temps.

Dans l’approche Cobot du concept Electricité 5.0, l’homme et la machine pourraient être réconciliés dans une unification numérique, intelligente et collaborative pour sécuriser leur existence. Dans le personnage du Cyborg (organisme cybernétique) amélioré au niveau électronique, qui existe déjà d’une façon rudimentaire dans la réalité, les frontières homme-machine s’estompent déjà. L’« homo electrificatus » du début du 18e siècle vit, mais différemment.

Il ne fait aucun doute que l’électricité est un outil de conception inclusif. En tant que seule forme d’énergie durable, elle est capable de couvrir les besoins énergétiques de l’humanité d’une manière largement neutre pour le climat et les ressources et de plus, en tant que moteur de la numérisation, de conduire le monde – au-delà de la terre ?! – dans des dimensions entièrement nouvelles. Elle a le potentiel de redéfinir la croissance en termes de distribution tout autant que l’existence humaine : le fluide très souple et polyvalent, pour reprendre le terme de l’époque moderne antérieure, dont les multiples potentiels nous laissent encore dans l’expectative : A suivre.

Rolf Walter: Zum Geleit: Hermann Kellenbenz (1913–1990). Lateinamerika-Bezug in Wort und Bild und bemerkenswertes Zeichentalent, 97–100

Hermann Kellenbenz: Zweite Karibische Reise (Sommer 1966), 101–173

Rolf Walter: Fundamentalzäsur, 175–207

Fundamental Caesaura – Summary

At the beginning of the 2020s, current events serve to conjure up the crisis issue of the “fundamental caesura”. Thus, it is once again time to take a decisive look at this core topic. Time to scrutinise the various “Covids” and their permutations, present and past. This study aims at contributing to this discussion.

The worst fundamental caesuras in history have been thoroughly studied: natural ones, such as volcanic eruptions, earthquakes, floods, conflagrations, tsunamis; military or war-induced caesuras; biological ones like the plague, Ebola, cholera, Spanish flu, etc.; those of a socio-political nature, e.g. revolutions, abuses of power, (mass) murders, etc.; economic ones, for instance, industrial revolutions, inflations and deflations, world economic crises; those concerning technology/energy: nuclear accidents (Chernobyl 1986; Fukushima 2011 etc.); caesuras arising from technological advances and many others: migrations, demographic caesuras, monopolizations and the like.

This article discusses the origins of (fundamental) crises, their effects and what means can be gleaned from history to evade them. Hereby, connections such as “caesura and innovation”, “crisis and growth”, “stagnation and intensity of renewal” as well as, for example, “ergonomic responses to caesuras” will be discussed. In summary, a closer analysis of the retrospective yields valuable new assessments of the present and the future.

Fracture fondamentale – Résumé

C’est l’actualité qui au début des années 2020 évoque formellement la question de la crise « fracture fondamentale ». Il est donc temps, une fois de plus, de porter un regard décisif sur cette question centrale. Temps pour se consacrer aux divers « coronas » et leurs mutants dans le présent et dans le passé. L’étude qui suit, vise à y contribuer.

Les pires fractures fondamentales de l’histoire ont été minutieusement examinées : les naturelles : éruptions volcaniques, tremblements de terre, inondations, incendies criminels, tsunamis, clivage de conflits militaires ; biologiques : peste, ebola, choléra, grippe espagnole etc. ; politiques et sociétales : révolutions, abus de pouvoir, meurtres (de masse), etc. ; économiques : révolutions industrielles, inflations, déflations, crises économiques mondiales ; techniques et énergétiques : accidents nucléaires (Tchernobyl 1986 ; Fukushima 2011, etc.), fractures de techniques innovantes et enfin bien d’autres ruptures : migrations, tournants démographiques, monopolisations, et plus encore.

L’article traite de l’origine des crises (fondamentales), de ce qu’elles causent et des formes d’y échapper, tout ceci révélé par l’histoire. Plusieurs relations y sont discutées et illustrées, telles que « rupture et innovation », « crise et croissance », « stagnation et intensité du renouveau », ainsi que par exemple, les « réponses ergonomiques aux fractures ». En un mot : une analyse plus approfondie de la rétrospective donne de nouvelles évaluations précieuses pour le présent et l’avenir.